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La théorie de la petite fille parfaite

Catherine Sauvageau

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Temps de lecture 2 min

Ou pourquoi il y a encore si peu de femmes dans les postes de direction

« Si on pouvait avoir juste des petites Catherine dans toutes nos classes… »


C’est le genre de commentaire que mes profs répétaient, de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire.


J’étais sage.
Douée à l’école.
Responsable.
Toujours portée à aider.


Bref, j’étais une “bonne petite fille”.


Très tôt, j’ai appris à me définir dans cette dynamique-là.


Les bonnes notes.
Les bons bulletins.
Les bons commentaires.
Les félicitations.
La fierté dans les yeux de mes parents.


Et tranquillement, je suis devenue mes accomplissements.


Catherine, ce n’était plus vraiment une personne.
C’était des résultats.
Des notes.
Des comportements.
Des attentes rencontrées.


On demande quelque chose à la petite fille.
Elle l’accomplit.
On la récompense.
On lui donne de l’attention, de l’affection, de la validation.


C’est tellement pratique pour les adultes, les parents, les professeurs, une petite Catherine parfaite.


Alors je me pose la question :

Et si on apprenait ainsi à beaucoup de petites filles, donc à beaucoup de futures femmes, futures professionnelles, à devenir avant tout de très bonnes exécutantes?


  • À mesurer leur valeur à leur capacité de livrer.
  • À cocher les bonnes cases.
  • À réussir l’examen.
  • À répondre aux attentes.
  • À ne pas prendre trop de place.

Et si, en plus, on leur enseignait les comportements qu’on attend d’elles :


Ne pas trop déranger.
Ne pas trop déplaire.
Ne pas trop risquer.
Rester sages.
Rester dociles.
Rester “aimables”.


Le problème, c’est que les rôles de direction demandent souvent exactement l’inverse.


Ils demandent de penser de façon stratégique, pas seulement d’exécuter.
De structurer, pas seulement de performer.
De décider.
De trancher.
De prendre des risques.
Et oui, parfois, de déplaire.


Mais quand toute ta valeur a longtemps reposé sur ta capacité à bien faire ce qu’on attend de toi, comment tu apprends à sortir de ce schéma-là?


Comment tu développes une posture de leader quand on t’a récompensée, pendant des années, pour ta capacité à être irréprochable, utile et facile à gérer?


Comment tu apprends que déplaire ne veut pas dire échouer?
Que prendre de la place ne veut pas dire être arrogante?
Que diriger ne veut pas dire cesser d’être une bonne personne?


C’est peut-être là, une partie du problème.


Peut-être que la petite fille sage et parfaite n’est pas naturellement destinée à rester dans des rôles d’exécution.


Qu’elle a de grandes ambitions, le désir de devenir une leader, de prendre des risques.


Mais comment renverser la vapeur si elle a développé, très tôt, tous les réflexes qui rendent plus difficile l’accès à des rôles plus structurants?


Et si avant de se demander pourquoi il y a encore si peu de femmes dans les postes de direction, on se demandait ceci : 


Qu’est-ce qu’on apprend exactement aux petites filles à considérer comme étant leur valeur?


Cet article est adapté d’une publication partagée sur le compte LinkedIn de Catherine.
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Catherine Sauvageau

Catherine Sauvageau

En tant que Directrice générale de l’entreprise, Catherine Sauvageau est à la tête de NOPé. Diplômée en histoire de l'Université Laval, elle a également acquis une riche expérience au sein d'une institution financière où elle a travaillé pendant neuf ans. Catherine a commencé comme représentante au service à la clientèle pendant ses études et a gravi les échelons jusqu'à devenir directrice de compte aux entreprises.

En 2021, elle fait un grand saut dans le vide : elle se lance dans l'entrepreneuriat avec l’aventure NOPé. Passionnée d'histoire, elle aime aussi les activités en plein air, le football de la NFL et les voyages. Son sport préféré pour rester active est la course à pied; elle a couru des demi-marathons ainsi que le marathon de Montréal en 2023. En dehors de ses intérêts professionnels et sportifs, elle a un plaisir coupable : suivre assidûment l'émission "Occupation Double".

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