« Le ski m’a toujours ramenée à moi-même. » — Sarah Bennett
Sa carrière sportive a pris un nouveau virage en 2025. Sarah Bennett est pleinement consciente des enjeux de sa décision de suivre son propre chemin de façon indépendante. L’athlète de 24 ans a choisi d’avancer librement pour gagner sa place, une compétition à la fois. Elle garde dans sa mire les Jeux Olympiques de Milan-Cortina, mais se concentre avant tout sur ses performances en Coupe du monde.
Et cette approche porte ses fruits. Au moment d’écrire ces lignes, Sarah vient de compléter cinq épreuves de la série Nor-Am à Copper Mountain, au Colorado, avec des résultats solides et constants : une 2e et une 3e place en super-G, une 4e et une 7e place en slalom géant, ainsi qu’une victoire en slalom.
Dans un message envoyé à NOPé, on devine bien son état d’esprit. « C’est définitivement la meilleure série de courses de ma carrière à ce jour et j’ai aussi accompli mon meilleur résultat en slalom avec une première position et un score de 15:00 points FIS. Je suis également en première position sur le classement overall du circuit Nor-Am. Un très beau début de saison. »
NOPé s’est entretenu avec la skieuse à l’aube d’un moment clé de sa saison, alors qu’elle s’apprêtait à quitter le Québec pour rejoindre le Colorado. Déjà, son discours témoignait d’une grande clarté : avancer à son rythme, prendre les bonnes décisions et se concentrer sur ce qu’elle peut contrôler : sa préparation, son ski et ses performances.
Le parcours sportif de Sarah Bennett en ski alpin
Mais faisons d’abord un retour sur son cheminement d’athlète. Née à Laval, Sarah raconte les innombrables allers-retours entre sa ville d’origine et Stoneham où elle fait ses débuts en ski. « J’ai commencé le ski à deux ans et, vers trois ou quatre ans, j’étais déjà dans le Club Stoneham. À l’époque, je suivais des cours de ski et ma mère me raconte que je ne comprenais absolument pas pourquoi je devais faire la pointe de pizza pour descendre alors que ça allait beaucoup plus vite en ligne droite. »
Du Club Stoneham à l’équipe régionale, jusqu’à l’équipe élite, puis l’équipe du Québec et l’équipe nationale du Canada (niveau Coupe du monde), la jeune athlète compétitionne dans toutes les disciplines avant de concentrer progressivement ses efforts sur le slalom, le slalom géant et le super-G.
Ses premiers pas vers l’élite mondiale du ski
La saison 2021-2022 marque un moment charnière de son parcours. Sarah se distingue sur le circuit junior international, notamment aux Championnats du monde juniors, tout en effectuant ses premières apparitions en Coupe du monde.
Sa progression est toutefois freinée par plusieurs blessures importantes, dont une grave blessure à l’épaule survenue en janvier 2023, suivie d’une longue réhabilitation.
Après avoir perdu sa place au sein de l’équipe nationale, Sarah choisit de poursuivre sa carrière de façon indépendante, en autofinançant entièrement sa préparation et ses saisons de compétition, tout en continuant de viser un retour durable parmi l’élite mondiale.
Depuis, elle continue d’évoluer sur les circuits internationaux, principalement en Nor-Am, dans l’objectif d’accumuler les points nécessaires pour sécuriser des départs réguliers en Coupe du monde.
Skieuse indépendante : Sarah trace sa route en dehors de l’équipe nationale
L’approche indépendante lui demande beaucoup de sacrifices personnels. Sarah doit gérer seule ses entraînements et toute la logistique entourant la recherche de partenaires, l’achat d’équipement, les déplacements et les inscriptions aux compétitions. Elle a également développé des activités de coaching ponctuel, un moyen de financer ses saisons de compétition. L’été dernier, elle s’est rendue au Chili pour entraîner de jeunes skieurs durant leur camp d’entraînement, en plus de s’entraîner elle-même pour ses prochaines compétitions.
Très présente sur les réseaux sociaux, elle partage son quotidien d’athlète indépendante, un modèle qui lui apporte une liberté complète sur son calendrier, ses courses, ses priorités.
« Je suis 100% toute seule dans mon cheminement », lance-t-elle, bien déterminée à tout mettre en œuvre pour reprendre sa place dans le système de départs en Coupe du monde. Les Jeux Olympiques font partie de ses rêves, mais elle donne priorité à sa progression à long terme.
Aujourd’hui, plus que jamais dans sa carrière sportive, Sarah Bennett incarne le courage d’avancer en solo, la force de se relever, l’intelligence de se réinventer et le plaisir authentique d’être sur la neige.
Cinq faits sur Sarah
- Elle a failli raccrocher ses skis. Voir ses amis partir skier en Europe et sentir qu’une partie d’elle-même lui manquait l’ont convaincue de continuer.
- Son parcours n’a jamais été en ligne droite. Interruptions, retours, reconstructions : elle a dû se rebâtir sportivement à plus d’une reprise.
- Lire la neige fait partie de ses forces. Pour elle, bien comprendre le terrain et les conditions est essentiel pour gagner en constance.
- Elle se fie beaucoup à ses sensations. Sans encadrement quotidien, elle ajuste son ski en fonction de ce qu’elle ressent sur la neige.
- La vitesse reste une option. Même si ses priorités sont le slalom, le slalom géant et le super-G, elle demeure ouverte aux épreuves de vitesse selon les opportunités.
Les propos de cet article ont été recueillis par Isabelle Simard
